
Le vocabulaire du parfum : 40 termes expliqués simplement
« Un chypré aldéhydé au drydown ambré. » Si cette phrase ne vous dit rien, cette page est faite pour vous. Quarante termes, expliqués sans jargon, avec des exemples réels.
Le parfum a un vocabulaire d’initiés qui décourage plus qu’il n’éclaire. Voici les quarante termes qui reviennent le plus souvent, expliqués simplement, dans l’ordre où vous en aurez besoin.
La structure d’un parfum
Pyramide olfactive — La façon dont un parfum est décrit en trois étages : tête, cœur, fond. Ce n’est pas une recette mais une chronologie : elle décrit ce que vous sentez à différents moments. Le parfum médian du catalogue compte 7 notes.
Notes de tête — Ce que vous sentez dans les premières minutes. Ce sont des matières volatiles qui s’évaporent vite. Dans notre catalogue, la bergamote apparaît dans 863 parfums et 100 % du temps en tête.
Notes de cœur — Le caractère du parfum, entre 30 minutes et 2 heures. Territoire des fleurs : le jasmin y figure à 94 %, la rose à 85 %.
Notes de fond — Ce qui reste des heures durant. Matières lourdes et tenaces : musc blanc (94 % en fond), vanille (92 %), bois de santal (92 %).
Accord — Un ensemble de matières qui, mélangées, produisent une impression unique — comme un accord en musique. Un accord « cuir » n’est pas fait de cuir : c’est une reconstitution.
Drydown — L’anglicisme pour le fond, une fois que tout le reste s’est évaporé. C’est ce que vous sentez sur votre vêtement le lendemain.
Sillage — La trace odorante que vous laissez derrière vous. À ne pas confondre avec la tenue.
Tenue (ou longévité) — La durée pendant laquelle le parfum reste perceptible sur la peau. Un parfum peut tenir longtemps sans sillage (il reste près de la peau) ou projeter fort sans durer.
Projection — La distance à laquelle les autres vous sentent. Une projection « intime » reste à quelques centimètres ; une projection « puissante » remplit une pièce.
Les concentrations
Extrait de parfum (ou parfum) — La concentration la plus élevée en matière odorante. Prix médian constaté du flacon dans notre catalogue : 114 €.
Eau de parfum (EDP) — La concentration la plus courante aujourd’hui. Flacon médian : 95 €.
Eau de toilette (EDT) — Plus légère, plus fraîche. Flacon médian : 55 €, soit 40 % de moins au millilitre que l’eau de parfum.
Eau de Cologne (EDC) — La plus légère. Historiquement une formule hespéridée à se réappliquer dans la journée.
Élixir / Intense / Extrême — Des mentions commerciales, non réglementées. Elles signalent généralement une version plus concentrée ou plus sombre, mais aucune norme ne les définit. Ne vous fiez pas au mot : lisez la concentration réelle.
Les grandes familles
Hespéridé — Le nom savant des agrumes. Du latin Hesperides, les nymphes gardiennes du jardin aux pommes d’or.
Fougère — Une construction, pas une odeur : lavande + aromatique + fond boisé-mousse. Née en 1882. Aucune fougère ne sent quoi que ce soit — la plante est inodore.
Chypre — Une autre construction : agrumes en tête, mousse de chêne et labdanum en fond. Du nom de l’île de Chypre. En voie de disparition pour des raisons réglementaires (voir IFRA).
Oriental / Ambré — Chaud, résineux, épicé. Le terme « oriental » est progressivement abandonné au profit d’« ambré ». C’est la famille au flacon médian le plus cher : 160 €.
Gourmand — Vanille, caramel, praline. La famille la plus jeune : elle naît en 1992 avec Angel.
Aldéhydé — Un effet pétillant et savonneux obtenu par des molécules de synthèse. Registre quasi disparu : 14 parfums sur 2 061.
Soliflore — Un parfum construit autour d’une seule fleur.
Les matières
Absolue — Un extrait très concentré obtenu par solvant. Réservé aux matières fragiles (jasmin, tubéreuse) que la chaleur détruirait.
Essence (huile essentielle) — Obtenue par distillation à la vapeur ou, pour les agrumes, par pression du zeste.
Synthèse — Les molécules créées en laboratoire. Elles ne sont pas un signe de mauvaise qualité : elles permettent des odeurs introuvables dans la nature, coûtent parfois plus cher que le naturel, et évitent de piller des espèces menacées. Le santal de synthèse a probablement sauvé le santal de Mysore.
Oud (ou agarwood) — Une résine produite par un bois infecté par un champignon. L’une des matières les plus chères au monde. Voir notre sélection oud.
Ambre gris — Une concrétion issue du cachalot, aujourd’hui presque toujours remplacée par des molécules de synthèse (Ambroxan).
Musc — Historiquement animal, aujourd’hui exclusivement synthétique en parfumerie occidentale. Le musc blanc est la matière la plus répandue du catalogue : 1 026 parfums, un sur deux.
Iso E Super — Une molécule boisée-veloutée si répandue qu’elle est presque invisible. Certains parfums sont construits autour d’elle seule.
Ambroxan — Le substitut de synthèse de l’ambre gris. Massivement présent dans la parfumerie masculine contemporaine.
Les termes techniques
IFRA — L’organisme international qui restreint l’usage de certaines matières pour des raisons d’allergie ou de photosensibilisation. C’est la principale raison pour laquelle un parfum ancien ne sent plus comme à sa création : sa formule a été reformulée pour rester conforme.
Reformulation — La modification d’une formule existante, pour cause de réglementation, de coût ou de rupture d’approvisionnement. Rarement annoncée.
Macération — Le repos de la formule après fabrication. Un parfum très récemment mis en flacon peut sentir « alcoolisé » ; quelques semaines l’assagissent.
Batch — Un lot de production. Deux flacons du même parfum issus de lots différents peuvent légèrement différer.
Flanker — Une déclinaison d’un parfum à succès (Intense, Elixir, Sport, Pour Femme…). Le catalogue en est rempli : c’est le modèle économique dominant.
Dupe (ou clone) — Un parfum qui s’inspire ouvertement d’un autre, généralement bien moins cher. Légal tant qu’il n’usurpe ni le nom ni le flacon : une formule de parfum ne se brevette pas.
Adaptation olfactive — Le phénomène par lequel votre nez cesse de percevoir une odeur constamment présente. C’est la première cause de la sensation « mon parfum ne tient pas » — et de tous les surdosages. Explication complète ici.
Mouillette (ou touche) — La bandelette de papier en boutique. Elle sert à écarter, jamais à décider : elle n’a ni votre chaleur ni votre sébum.
Nez — Le nom donné aux parfumeurs-créateurs. Il en existe quelques centaines dans le monde. Nous en référençons 28.
Cinq expressions à décoder
« Peau propre » — Un effet musqué discret, qui donne l’impression de sentir soi-même en mieux.
« Bête de sillage » — Un parfum à projection très forte. Souvent un compliment dans les communautés d’amateurs, rarement dans un open space.
« Signature » — Le parfum qu’on porte au quotidien et auquel on est associé.
« Ça tourne sur moi » — La formule ne s’accorde pas avec votre chimie de peau. C’est réel : sébum, pH et hydratation modifient l’évaporation.
« Compliment getter » — Un parfum qui déclenche des remarques positives. Généralement des compositions consensuelles et sucrées, pas les plus originales.
Pour mettre ce vocabulaire en pratique, explorez les 22 familles olfactives, les 454 notes du catalogue, ou comparez deux compositions dans le comparateur.
